La question arrive toujours au même moment, deux ou trois jours avant le retour, quand on se rend compte qu’on n’a rien pris pour les autres. Et elle tombe au pire endroit : dans une échoppe à touristes, sous la pression, devant des objets qui se ressemblent tous.
Ce guide est écrit dans l’autre sens : ce qui vaut la peine d’être rapporté du Cambodge, pourquoi, et à quel moment du voyage l’acheter. Nous vendons des épices, donc nous en parlerons, mais pas seulement, parce qu’un guide qui ne parlerait que de sa propre boutique ne servirait à personne.
Ce qui ne survit pas au voyage, et qu’on achète quand même
Commençons par ce qu’il vaut mieux éviter. Les fruits frais et les produits sous vide artisanaux posent des problèmes de douane à l’entrée en Europe et en Amérique du Nord. Les objets en bois non traité aussi, selon les pays. Les copies de sculptures d’Angkor sont lourdes, fragiles, et rarement belles passé la première semaine.
Le vrai critère n’est pas l’exotisme : c’est la question qu’on se posera dans six mois : est-ce que je m’en sers encore, ou est-ce que cela dort dans un placard ? Presque tout ce qui suit passe ce test.
Le poivre de Kampot, et la précaution qui va avec
C’est le produit cambodgien le plus connu à l’étranger et le premier du pays à avoir obtenu une indication géographique protégée, enregistrée au Cambodge en 2010 puis reconnue par l’Union européenne en 2016.
La précaution est la suivante, et elle est mal connue : une part importante de ce qui se vend comme poivre de Kampot hors du Cambodge n’a jamais poussé ici. La liane voyage bien, et les mêmes plants de Piper nigrum sont cultivés de l’autre côté de la frontière thaïlandaise. Ce n’est donc pas une variété inférieure : c’est la bonne variété au mauvais endroit. Le logo IGP est ce qui tranche, et il se vérifie sur l’emballage avant de payer.
Quatre couleurs, quatre produits différents : le noir cueilli vert et séché au soleil, celui du quotidien ; le rouge laissé à mûrir sur la liane, plus doux et plus rare ; le blanc trempé puis dépelliculé, net et direct ; le vert cueilli jeune, celui du crabe de Kep. Si vous n’en prenez qu’un, prenez le noir. Si vous en prenez deux, ajoutez le rouge.
Le sel et la fleur de sel de Kampot
On y pense moins, à tort. L’essentiel du sel cambodgien vient des marais que l’on longe entre Kampot et Kep. La fleur de sel est la croûte fine récoltée à la main en surface, les matins les plus calmes, avant que le gros sel ne cristallise en dessous. Elle croque puis fond, et ne sert qu’en finition.
C’est un excellent cadeau pour qui cuisine : peu cher, léger et impossible à confondre avec ce qu’on trouve en grande surface.
Les thés et les infusions
Le Cambodge n’est pas un grand pays de thé, et il faut le dire honnêtement. Ce qui se fait ici, ce sont des assemblages et des conditionnements, à partir de feuilles de Chine et du Sri Lanka. Le thé d’Angkor, relevé au gingembre et à la citronnelle, est le seul de notre gamme conçu sur place, et c’est celui qui a réellement le goût du voyage.
Les infusions sans caféine, hibiscus ou mélanges de racines, voyagent très bien et se boivent glacées, ce qui parle à quiconque a passé un mois de mars ici.
Voir les thés et les infusions

Le krama, et les objets du quotidien
Le krama, cette écharpe à carreaux portée partout dans le pays, est l’objet cambodgien par excellence : il sert de foulard, de serviette, de sac, de protection contre le soleil. Il ne pèse rien et il s’utilise vraiment.
Dans le même registre, la vannerie, les paniers et les boîtes en feuille de palme tressée. Nos boîtes de poivre en sont faites, ce qui règle deux problèmes d’un coup : l’emballage est lui-même le souvenir.
Ce qui passe en bagage cabine, et ce qui n’y passe pas
La question revient sans arrêt, alors voici les repères. Les épices sèches et les thés ne posent aucun problème en cabine. Les boîtes en feuille de palme de 50 et 100 grammes sont plates et légères, ce sont les formats que les voyageurs prennent le plus. Les tubes tiennent debout et se rangent facilement dans un placard.
Ce qui pose problème, ce sont les liquides au-delà de 100 millilitres, donc les sirops et les alcools, qui doivent partir en soute. Les moulins garnis sont solides mais lourds : à poids égal, une boîte en feuille de palme contient bien plus de poivre.
Un conseil de bon sens : achetez le jour où vous passez devant la boutique, pas la veille du vol. Les meilleurs formats partent en premier, en particulier le poivre rouge, dont la récolte est faible.
Où acheter, ville par ville
Nous avons trois boutiques, et elles ne proposent pas exactement les mêmes choses. Chacune a son article détaillé.
Siem Reap, à Kandal Village, derrière le vieux marché : c’est la boutique des voyageurs, celle qui propose toute la gamme des formats-cadeaux.
Phnom Penh : la boutique et l’atelier de conditionnement sont au même endroit, et la livraison par coursier couvre la ville.
Kampot : la plus proche des plantations et des marais salants, celle qui reçoit la nouvelle récolte en premier.
Et si vous préférez comparer avant de vous déplacer, la page Où acheter réunit les trois adresses, les horaires et les zones de livraison.
Préparer ses achats avant de partir
Un dernier point, pour ceux qui lisent ceci depuis chez eux. Le poivre et le sel se conservent des années tant qu’ils restent fermés, au sec et à l’abri de la lumière. Il n’y a donc aucune raison d’attendre le dernier jour, et beaucoup de raisons de ne pas le faire.
Si vous venez entre février et mai, vous tomberez sur la récolte du poivre, et les plantations autour du Phnom Voar se visitent. C’est la période où le rouge est disponible dans tous les formats, ce qui n’est pas vrai le reste de l’année.
